11.04.2010
Ma trilogie filmographique arabe de la semaine
Cette semaine a été riche en émotions, en particulier devant le grand, et le petit, écran. « Ajami », « Caramel » et « The Stoning of Soraya M. » : trois films, trois pays différents (Israel/Palestine, Liban et enfin Iran) et trois expériences rappelant la platitude des grosses productions du cinéma américain.
Alors la bonne surprise est que je recommande chacun de ces films, avec une mention particulière pour « Ajami » qui réussit avec brio à résumer en seulement deux heures l'absurdité de nos vies, en particulier lorsqu'elles sont si intimement liées à la religion, la guerre, et aux conflits interethniques. C'est un véritable chef d'œuvre, un de ces films qu'on n'oublie pas, qui vous touche et, avec de la chance, contribue à vous rendre meilleur. Honnêtement, sa nomination, notamment aux Oscars est des plus méritées, comme on dit aux US : Check it out !
Caramel de son cote est de loin le plus léger des trois films. C’est l'histoire de 5 demoiselles tentant de vivre une existence de femmes modernes dans un pays où le poids des traditions est encore bien présent. Une agréable histoire de solidarité féminine, un « Sex and the City » version orientale et… sans le sexe. A voir.
Enfin le troisième film est en fait LE film le plus traumatisant que je n’ai jamais vu. Et pourtant, aussi dur qu'il soit, il faut le voir. En fait, ce visionnage m'a fait penser aux documentaires sur la Shoa qu'on nous fait voir au collège afin de nous sensibiliser aux dangers et aux dérivés de la guerre. Celui ci devrait également être au programme de nos vies. Il raconte l'histoire d'une femme vivant avec son mari, leurs deux filles et leurs deux garçons, dans un tout petit village perdu dans Les montagnes iraniennes. Son mari, infidèle, désiré la quitter. Cependant il n’a nullement l’intention de payer de pension pour elle et les petites filles, alors il va monter un complot contre elle, l'accusant de le tromper avec un autre homme du village (Totalement faux) afin de la faire condamner à mort, par lapidation, par le conseil (entièrement masculin) du village. Et... malgré l'innocence de la jeune femme, le plan marche.
Le scenario est formidablement bien fait et chagrine un peu de devoir le résumer ainsi, mais je tiens surtout à développer un peu plus sur le message. Le principal étant que cette mort publique, donnée par jets de pierres par tous Les hommes du village, y compris le père et le mari, et les fils (...) est juste montrée pendant environ 20 minutes. Je vous assure, ces 20 minutes sont intenables. La première fois de toute ma vie ou j'ai du, non seulement me cacher les yeux, mais aussi Les oreilles, tout en pleurant à chaudes larmes. Quoiqu'il en soit je n'ai pas abandonné le visionnage, car il est primordial de comprendre l'incroyable cruauté de ces pratiques... Qui, bien sur sont toujours bien présentes dans beaucoup trop d'endroits sur la planète. De nos jours. Alors… VOYEZ LE. S'il vous plait. Soyez prêts car c'est vraiment dur, mais voyez le, comprenez le, et faites ce que vous voulez en conséquences, mais, s'il vous plait, faites vous violence. Pour que l’humanité avance, il faut être conscients de toutes ses facettes, les meilleures comme les pires. C’est notre devoir de citoyens du monde.
Comme certains le noterons, cette histoire est basée sur des faits réels, mais à moitié fictionnelle aussi ; que cela ne devienne pas une excuse pour nier les faits.
18:34 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema moyen-orient oscars ajami
07.04.2010
Le retour!
Et bien ca fait tres longtemps que j'en revais... et voila, ce soir enfin je me lance et je reviens sur la toile :)
En fait, je vous dois des excuses... Lorsque j'ai commence ce blog, j'etais sans emploi, je venais de terminer mes etudes et pas un sous en poche... Depuis, les choses vont beaucoup mieux: J'ai enfin trouve un boulot stable, avec le visa qui va avec, une rentree d'argent reguliere et donc une vie inevitablement plus active. Non seulement je travaille au moins 8 heures par jour, mais je passe egalement environ 2h dans les transports au total, et bien sur, qui dit plus d'argent dit plus de sorties... quasi tous les soirs en vrai (New York reste New York tout de meme :)) Alors du coup... si je passe 6h a 8h par jour chez moi, en tout (heures de sommeil comprises), et bien... c'est le max!
Tout ca ne laisse malheureusement pas beaucoup de temps pour l'ecriture :(
Ceci etant dit, je n'ai jamais arrete de recevoir de commentaires sur mes anciens posts, tous aussi sympas les uns que les autres! Je peux vous assurer que aucun de ces messages n'a manque de me faire sourire avec beaucoup de nostalgie... Alors puisque vous me rappelez a l'ordre, je reprends du service! Avec le plus grand plaisir meme...
Alors la vie a New York un an plus tard... et bien au final, a l'exception du travail et d'une meilleure qualite de vie, elle n'a pas vraiment change. Toujours les memes amis (Yes!), fideles (Yes!) toujours le meme appart avec la belle vue (Yes!), et... toujours le meme incroyable chaos dans ma vie amoureuse! (Oh! :() Ah beh oui, rien n'est jamais parfait... Et d'ailleurs desfois je me dis que c'est peut etre mieux comme ca. J'ai toujours eu peur d'avoir une vie trop parfaite, surement par pure superstition/betise, mais, a l'image du film Ghost (Si c'est pas une bonne reference culturelle ca), j'ai toujours crains que le pire arrive a un moment de ma vie ou je serais comblee - Richard Gere qui se fait assassine alors qu'il vit le parfait amour avec Demi Moore, snif... Donc, bon, j'ai encore 4 bonnes annees avant de paniquer ! Beh oui, je veux pas tomber dans les cliches, mais passer le cap de la trentaine en celibataire ce serait vraiment pas le scenario reve...
Mais en attendant, et bien, au moins je fais des rencontres. Certaines plus enrichissantes que d'autres... je n'ai jamais eu un eventail d'amis aussi internationaux: Marocain, Indien, Afghan, Israelien, Grec, Argentin, Norvegien etc etc. sans compter bien sur les Americains et les Francais! Toutes ces cultures, toutes ces langues, mais aussi toutes ces histoires qui m'apportent tellement et me permettent de porter un regard toujours plus averti sur le monde et l'humanite. Desfois, a la place de lire le journal, je sors. Ou alors, pour ceux qui sont repartis chez eux, j'ouvre Facebook. Non pas pour les ragots, mais pour demander comment, en vrai, la crise est vecue en Grece, qu'elle est la situation en Iraq (j'ai un ex/ami qui a ete envoye la-bas et qui y reconstruit des ecoles), ou alors tout simplement quel temps il fait dans l'hemisphere sud de la planete! Et je trouve ca formidable. For-mi-da-ble. Et tous ces gens, peu importe ou ils sont maintenant je les ai rencontre ici, bien sur.
Alors des fois je me dis que la vie dans une grande ville c'est pas toujours facile, c'est beaucoup d'anonymat, parfois d'antipathie, de solitude, mais c'est aussi la chance inestimable de pouvoir rencontrer des gens de tous horizons, parfois en vacances, parfois en exil politique, et le plus souvent pour des raisons vacillant entre ces deux extremes, a New York par choix, ou sous la contrainte. Et lorsque le dialogue est possible, lorsque un premier contact se passe bien et que l'echange commence, alors je laisse mes petits soucis de cote et je m'enrichis, grace a l'autre. J'oublie mes prejuges et j'ouvre mes oreilles... Ca n'a pas de prix.
Comme nous n'avons pas tous la chance, ou le desir, de vivre dans une ville aussi cosmopolite, (et 2x plus peuplee que le pays entier de la Norvege!!... Deuxieme reference culturelle de qualite ;), je vais quand meme vous faire partager mes experiences, mes rencontres, et mes interrogations, de la meme facon que je l'ai fait dans le passe, ou je l'espere, en encore mieux :) C'est bon, vous etes bien installes?
Silvia, la French New Yorkaise, saison 2, je suis back. (Avec les accents en option... Oups! J'arrange ca des que je peux!)
04:45 Publié dans Le Pourquoi du Comment | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : new york
14.04.2009
Anything ? … Vous avez bien dit « Anything » ?
Voici quelques jours de ça, des amis français étaient de passage à New York pour une semaine des plus épuisantes de toute ma vie ! Fiesta tous les soirs, et boulot tous les jours… Après 9 jours de ce traitement, on chérit son lit plus que tout, je vous le dis !
Quoiqu’il en soit, parmi toutes ces soirées, l’une restera particulièrement gravée dans ma mémoire comme étant particulièrement instructive…
Nous sommes mercredi soir, je sors du boulot vers 21h, et nous nous donnons tous rendez-vous dans un bar asiatique (si si ça existe !) dans un coin paumé du Village. Bon le Village, c’est super quand on connaît, mais pour quelqu’un qui n’y a jamais vécu au moins 3 ans d’affilé c’est prise de tête : pour explication, c’est une des rares parties de Manhattan où les rues ont des vrais noms ! Bah je sais, Paris c’est plus poétique avec ses avenues aux noms d’hommes politiques, d’écrivains ou de je ne sais qui (dans mon village du sud de la France, y’a même la Rue des Amours… Rohh lala !! lol), mais bon, dans une ville aussi grande que New York, faut avouer que le système numérique et ses rues parallèles ou perpendiculaires est « priceless » comme on dirait ici ! Pas besoin de plan, du moment qu’on arrive à repérer le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest on sait où on va. Enfin, comme je disais, sauf dans le Village…
BREF, après une groooosse journée de boulot, me voilà dans l’enfer des rues qui portent des noms et partant dans tous les sens. 30 minutes pour me repérer. Je vous parle même pas du temps qu’on eu besoin les français ! Du coup j’arrive au bar, je rentre, toute confiante, sors au serveur que je retrouve mes amis, une bande d’au moins 10 gars… Et puis, beh… Non faut se rendre à l’évidence, y’a PERSONNE, je suis la première… Snif, alors je ressors. Là, un gars m’aborde. Je lui répond gentiment, puis, Alléluia (il était pas mon style), mon portable sonne. Je décroche, c’est un des français, je lui réponds en français (sale habitude, ;)), et là le mec qui me draguait, me regarde avec un air dédaigneux et me sort : « Oh putain, une Française ! », puis se casse… OK ! Merci, ça fait toujours plaisir.
Mes amis arrivent enfin… On boit, on discute, il se trouve que ce soir là je suis la seule fille. Il se trouve aussi que j’avais été dans le même bar, exactement un an auparavant, avec un de ces gars et d’autres garçons et que l’idée saugrenue leur été venue à l’époque d’aller terminer la soirée dans un club de strip tease. Of course, j’avais gentiment décliné l’offre mais problème, voilà que cette année, ils ont remis ça sur la table et… On ne refuse pas deux fois la même proposition dans le même bar asiatique à la même personne en plein milieu d’un quartier avec des rues qui ont des noms et qui vont dans tous les sens.
Nous voilà donc, tous les 10, ou quelque chose du genre, sautant dans des taxis, direction un des clubs de strip tease les plus célèbres de New York (Yippi Ya !)
Dans le taxi, on commence à discuter avec le chauffeur, Libanais, tout comme un certain dentiste dont j’ai déjà parlé dans un précédent post… Alors du coup, merveilleux prétexte pour entamer une conversation sur le fait que les Libanaises sont les « plus belles femmes du monde » et que c’est d’ailleurs pour ça qu’il se doit d’en honorer le plus possible (soirée strip-tease et mec polygame ! Yeaah…). Ce qui nous donne une épouse et deux maîtresses… Mais : « Tant qu’elles ne se connaissent pas entre elles, y’a pas de soucis ! » (Apparemment j’ai de la concurrence L L)
Enfin, tout ça nous fait passer le temps… Il est environ 1h du mat, on arrive, et là merveilleuse surprise, à l’entrée on me demande de payer ! ET OUI ! C’est pas parce qu’on est une fille qu’on peut rentrer gratos… D’après les filles de l’entrée, je vais moi aussi passer un bon moment et me rincer l’œil. Ce à quoi je réponds que je suis quand même 100% hétéro et que si c’est ma façon de me rincer l’œil je peux toujours me déshabiller devant la glace le matin… Gratuitement ! Mais bon, elles, elles s’en foutent complètement de mes attirances, c’est 23 dollars est c’est tout. C’est donc avec un petit pincement au cœur que je dis au revoir à mon argent pour aller voir des filles danser toutes nues ! Vive New York ;)
Arrivés là, finalement, c’est pas si terrible… Moi qui m’attendait à me sentir complètement complexée, les filles sont toutes très différentes les unes des autres, grandes, petites, seins volumineux ou plus discrets, blanches, noires, très mince, plus en cher, et très peu sont parfaites-parfaites (même si y’en a qu’en même, faut avouer…) Supportable donc. Je regarde mes amis sortir les billets pour les fameuses « lap dances » et là quelle ne fut pas ma surprise de voir que ces monsieurs ne peuvent pas toucher ! Entendez moi bien, je ne suis pas du tout pour le concept de la femme objet, mais je m’imaginais que, à leur place, si je devais payer un mec pour danser quasi nu sur moi (à cet étage, elles gardent le string), j’aimerais au moins pouvoir toucher le torse ou les cheveux (restons corrects J). Et ben non, c’est « hands off » completely, comme au temps de notre ami Reagan. Mais bon, finalement, les garçons ça les dérange pas, alors, why not….
Plus tard, un des garçons va commencer à parler à une des filles et j’arrive à me glisser dans la conversation. La lap dance c’est peut-être 20 dollars, mais en fait, pour 500 elle fait « anything ». ANYTHING ??!! Dans une boîte de strip tease… Voilà qui a éveillé ma curiosité… La nuit passe, j’en saurai pas plus car aucun des garçons n’était prêt à débourser les 500 et il se faisait tard, ou plutôt tôt (3h30 du mat) et l’air de rien à 9h je devais être au boulot ! Du coup, je rentre, avec mes interrogations et m’endors direct.
Le lendemain, rencard avec un vrai New Yorkais, friqué, qui adore faire la fête, les drogues et les filles (mais à part ça il est très recommandable… Ne faisons pas de hors-sujet….). Parfaite personne à qui demander ce que veut dire le « Anything » en jargon de strip teaseuse. Et puis, beh la réponse c’est que, oui oui, le anything, c’est … vraiment tout. Et, oui, comme d’autres personnes il pense que c’est malheureux, mais parfois souhaitable que certaines filles, dans de bonnes conditions, puissent faire de l’argent de cette manière pour éviter à certains hommes d’en forcer d’autres à assouvir leurs fantasmes. Voilà qui me laisse perplexe, et j’avoue que je ne sais plus quoi penser. Est-ce un secret bien gardé entre les clients de ces bars et les demoiselles en question ou est-ce que j’étais la dernière personne à penser que ce genre de pratique était réellement interdit ici ?!!...
Oui, il s’agit encore bien là d’une expérience tout à fait particulière… On en apprend tous les jours n’est-ce pas ?...
04:57 Publié dans NY au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : new york, sorties, strip-tease










